Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères
Niki, l'histoire d'un chien Details
« Pour autant qu’on pouvait le distinguer dans le crépuscule où baignait le jardin, c’était un fox-terrier, sans doute un croisement de fox à poil dur et de fox à poil ras. Son corps svelte était recouvert d’un poil blanc court et lisse, sans tache ni éclaboussure. Seules les oreilles étaient noisette, avec un trait noir à la naissance. Par une de ces coquetteries dont la nature est prodigue, le dessin et la couleur, à l’attache de chacune, des oreilles, n’étaient pas symétriques. De l’oreille, gauche, une raie noisette descendait jusqu’aux cils en passant par le dessus de la tête. Au-dessous de l’oreille droite, la gueule était d’une blancheur immaculée, mais derrière l’oreille le trait noir, comme pour faire un,contraste amusant avec la blancheur de la gueule, descendait profondément sur la nuque, dépassant la ligne,où, d’habitude, les chiens portent le collier. Là, il s’élargissait en une sorte de carré noir, pour autant que la,nature consente à former des carrés et autres figures géométriques régulières. Ajoutons deux grands yeux luisants à la base d’une tête allongée en triangle, à la pointe duquel brillait un petit nez noir comme astiqué au cirage, et nous aurons dessiné à grands traits la gracieuse,silhouette qui venait de s’installer aux pieds d’Ancsa. » L’histoire de Niki, une chienne ordinaire, et des Ancsa, un couple non moins ordinaire, est une parabole extraordinairement émouvante, – sans jamais donner dans la sensiblerie –, sur l’attention, la gentillesse et la résistance de l’amour.

Reviews
Cette parabole est admirablement bien construite et bien écrite : en 140 pages, format poche, nous passons par bien des états, on serait tenté de dire bêtement du rire aux larmes. La liberté, non pas le concept abstrait, mais le sentiment, l'état, la grâce de la liberté, sont au coeur du récit. La Hongrie entre 1948 et 1955, quest-ce que cela évoque pour vous ? (si vous allez à Budapest, n'évitez pas la visite de la Maison de la Terreur, son nom est stupide et peu séducteur en apparence, mais..). Cette histoire du chien Niki va vous permettre de comprendre, et surtout ce qui est plus utile, de ressentir cet incroyable enfermement. Lors de l'émisssion "Répliques" où il a été question de ce livre (émission qui m'a donné envie de le lire, merci) Alain Finkielkraut a eu d'un seul coup cette formule, à propos du socialisme qui entrainait (de gré ou de force) toutes les forces vives du pays au projet d'un Homme Nouveau : "Mais il n'y a pas de chien nouveau !". Je crois que c'est là une des clés du pouvoir dramatique de cette histoire. Vous allez voir, les comportemants de Niki, décrits de façon si précise dans ce livre, sont ceux d'un chien comme vous en avez connu, comme Ulysse en avait un, comme vos arrières petits enfants en auront. Avez-vous remarqué comme ils nous regardent ?


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