Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères
Tout passe Details
Tout passe se nourrit de cette idée : sous Staline, et particulièrement dans les années 1948-1953, « on avait l'impression qu'un brouillard noir planait au-dessus de Moscou et qu'il s'insinuait dans le coeur des hommes ». Ivan Grégoriévitch revient de trente ans de camp en Sibérie. Il rend une brève visite à son cousin, Nicolas Andréiévitch. Ce sont les retrouvailles de l'idéaliste vulnérable et du virtuose du compromis, de l'homme de nulle part et de l'homme enraciné. Grossman décrit la rencontre de ces deux vies, de ces deux visages d'un côté, l'homme qui, paralysé par la peur, ne jouit pas de sa liberté; de l'autre, l'homme qui se dit prêt à ramper sur le ventre pour mourir en liberté, « ne serait-ce qu'à dix mètres des barbelés maudits ». Tout passe est une longue réflexion sur la résignation dans une société où penser met en danger, où obéir est le seul capital qu'il convient de faire fructifier et où personne n'ose vivre à son propre compte. LINDA LÊ .

Reviews
Vassili Grossman évoque dans un réquisitoire dramatique, implacable et douloureux des épisodes terrifiants dans l'histoire de l'URSS, tout en donnant un portrait incisif de ses leaders, de leurs politiques et de leurs collaborateurs.Le personnage principalLes goulags ouvrent leurs portes après la mort de Staline. Les rescapés retournent dans leurs villages.Le personnage principal de ce récit, Ivan G., avait été emprisonné parce qu'il avait refusé de dénoncer des soi-disant saboteurs du régime stalinien. Après sa libération, il constate qu'il continue à régner dans la société 'libre' un esprit 'goulag', quoique d'une autre nature.La terreur et la loi de conservation de la violenceIvan essaie de comprendre les motifs des délateurs et des apparatchiks sous le règne de Staline: s'ils écrivaient 'des dénonciations, c??était par instinct de conservation. Ils acquéraient ainsi un capital plus précieux que l'or ou la terre: la confiance du Parti. Ils savaient que la confiance du Parti, c'est tout: la force, les honneurs, la puissance'. En plus, le régime stalinien était rongé par une corruption monstrueuse, qui comme une pieuvre enserrait toute la population.Le comportement des accusés lors des interrogations mettaient les accusateurs en une fureur bleue, comme celle d'un maître qui veut à tout prix chasser son vieux chien de garde, alors que ce dernier s'acharne à le suivre même en étant été estropié.Vassili Grossman nous brosse des portraits douloureux de victimes de la terreur avec des scènes d'horreur, comme lors de la dékoulakisation en Ukraine: 'Les mères regardaient leurs enfants et criaient, épouvantées. Elles criaient comme si un serpent s??était introduit dans leurs maison: le serpent de la mort, de la famine'.Critique féroce de Lénine et de StalinePour l'auteur, Lénine montrait une intolérance absolue de toute démocratie politique, un mépris total 'de la souffrance d'autrui' et une 'vénération du principe abstrait'. Il était résolu 'd'exterminer non seulement ses ennemis mais encore ses compagnons dès qu'ils divergeaient tant soit peu sur l??interprétation desdits principes abstraits'. Lénine ne cherchait pas la vérité, mais la victoire: 'pour prendre le pouvoir, il a tout sacrifié, il a immolé, il a tué ce qu'il y avait de sacré en Russie: la liberté.'Staline a rassemblé en lui tous les traits de la Russie du servage qui ignore la pitié envers les êtres humains. Il exposait une invraisemblable cruauté, une incroyable perfidie, un esprit rancunier et vindicatif, un mépris sans égal de la dignité humaine, une divination de la bureaucratie et un arbitraire monstrueux.' Les lois n??étaient que des instruments de son arbitraire. L???tat qu'il a construit avait pour principe essentiel d??être un ?tat sans liberté.Tout ne passe pas, la loi sacrée de la vieLa seule chose qui ne passe pas, c'est l'aspiration indestructible de être humain à la liberté. Cette liberté comprend toute la vie: la parole, la presse, la conscience, les arts, le choix de vendre ou de ne pas vendre. Pour V. Grossman, il n'existe aucune raison au monde pour sacrifier la liberté de l'homme.Ce récit est un texte d'une rare intensité, longtemps caché pour des raisons évidentes.Un cri pour la liberté. A ne pas manquer.


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